Faut-il se résoudre à ne plus boire de vieux scotch ?

Posted By: Antoine Flahaut In: Tout savoir sur le Whisky On: Comment: 0 Hit: 742

Faut-il se résoudre à ne plus boire de vieux scotch ?

ENQUETE Une étude annuelle de la Scotch Whisky Association, Statistical Report 2012, compile tout un ensemble de données sur le secteur. Dont deux particulièrement intéressantes : les productions annuelles de whisky de malt et de grain depuis trente ans, et l’état des stocks actuels en fonction des années de production.

Et maintenant, place au scotch sans mention d'âge. La part des whiskys de plus de 10 ans dans les stocks des producteurs écossais a baissé de 17 % entre 2009 et 2012.©SWA

Ne boira-t-on bientôt plus que des whiskys écossais âgés de quelques années seulement ? Certes, contrairement au cognac, le scotch n’est pas condamné à se faire de plus en plus rare avec l’envolée de la consommation dans le monde. Si celle-ci augmente en moyenne de 10 % par an depuis le début des années 2000, l’industrie a suivi. Ouvertures de nouvelles distilleries, relances de sites de production à l’arrêt ou augmentations des capacités existantes : les annonces se multiplient chaque année. Car contrairement au raisin pour le cognac, l’orge (et d’autres céréales pour les whiskys de grain) ne connaît aucune contrainte quant à son lieu de production.

Toutefois, comme le cognac et à la différence des alcools blancs (vodka, gin, la majorité du rhum…), le whisky doit connaître un vieillissement. Et c’est là que le bât blesse. Car pour satisfaire la demande actuelle avec des scotch de 10 ans d’âge – ce qui était encore la norme il y a une dizaine d’années –, l’industrie aurait dû anticiper l’envolée de la consommation actuelle avant même qu’un mouvement de reprise ne se dessine… Ce qui, bien évidemment, n’a pas été le cas.

Double conséquence : d’une part, les grands groupes ont puisé dans leurs stocks de scotch âgés pour satisfaire, au coup par coup, la demande de ces dernières années ; d’autre part, ils ont multiplié les whiskys sans mention d’âge, et comprenant donc des quantités importantes d’alcools jeunes. Une décision qui ne manquera pas de peser à moyen terme sur les stocks de whiskys âgés si la consommation mondiale ne faisait même que se maintenir… Regardons en détail les données chiffrées.

L’évolution de la production de scotch depuis 1980

Ce graphique laisse apparaître les deux grandes crises qu’a traversées le scotch ces trente dernières années : celle de 1983-1985 (14 distilleries fermées), puis celle de 1991-1993 (6 distilleries fermées). Durant ces périodes, et quelques années avant et après, la production de whisky de malt (et, dans une moindre mesure, celle de whisky de grain) s’effondre avant de stagner puis de repartir à la hausse. Enfin, à partir de 2005, les niveaux de production s’envolent vers de nouveaux records – preuve que l’industrie à bien intégré l’augmentation de la demande mondiale et qu’elle a confiance en l’avenir à moyen terme.

L’évolution des stocks de scotch depuis 1980

Après les flux, les stocks. Ce premier graphique montre que ce n’est qu’à partir de 1989 que l’industrie du scotch commence à reconstituer ses stocks, qui vont stagner ou légèrement progresser au cours des années suivantes. Ils ne s’envolent qu’après 2007, grâce aux fortes hausses de production annuelle.

L’état des stocks de scotch à fin décembre 2012

 

Plus important, l’aspect qualitatif, à savoir la répartition par année des stocks de whisky. A fin décembre 2012, on voit bien que les whiskys jeunes sont majoritaires dans les stocks en Ecosse, encore plus pour les whiskys de grain que pour ceux de malt.

Comparaison avec les stocks de scotch à fin décembre 2009

 

Si l’on regroupe les whiskys en trois catégories (moins de 3 ans, de 3 ans à 10 ans, et plus de 10 ans) et que l’on compare deux années pourtant très proches – fin 2012 et fin 2009 –, on constate qu’en trois ans, la part des whiskys de plus de 10 ans d’âge dans les stocks des producteurs écossais a réduit comme peau de chagrin. Pire, elle a même baissé en valeur absolue, passant de 385 millions de litres de whisky de malt de plus de 10 ans en 2009 à 319 millions de litres en 2012, et de 277 millions de litres de whisky de grain de plus de 10 ans en 2009 à 218 millions de litres en 2012. Sans le moindre doute, une très mauvaise nouvelle pour les consommateurs : les whiskys sans mention d’âge et dopés au bois neuf ont un bel avenir devant eux !

Source : http://lesfleursdumalt.blog.lemonde.fr/2013/10/20/statistiques-production-stocks-whisky/

Tags: whisky scotch

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